L’esprit du music-hall ravivé

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Magiciens, hypnotiseurs, mentalistes, ventriloques… L’esprit du music-hall gagne les salles de spectacle. Plongée au coeur de la grande illusion.

Ils font jaillir des colombes d’un chapeau comme les magiciens de papa, mais portent des casquettes et ont la tchatche de Jamel. Ou exécutent, en jean slim, les biceps tatoués, des numéros d’illusion déjantés. Les marionnettes qu’ils agitent sont les petits-enfants trash de Nestor le pingouin et de Tatayet.

C’est la nouvelle vague d’artistes de music-hall. Certains importent des Etats-Unis la magic comedy (« magie burlesque ») ou la street magic (« magie urbaine »). D’autres se baptisent mentalistes, enchanteurs ou fascinateurs. Tous prennent d’assaut Paris, les régions – où les lieux se multiplient – et, bien sûr, la télévision.

L’émission de Patrick Sébastien, la plus grande vitrine de cabaret, entame sa seizième saison sous les applaudissements… des producteurs et des salles de spectacle. Arturo Brachetti, Shirley et Dino ou le jeune ventriloque Jeff Panacloc lui doivent leur réputation.

La télé est un accélérateur de carrière : le magicien loufoque Eric Antoine a décollé grâce à La France a un incroyable talent (M 6). Kamel le magicien doit son envol au Grand Journal,de Canal +. Quoi d’autre?

Les manipulations mentales de Viktor Vincent emballent la capitale : le mentaliste recrée, avec Emprise, une sidérante séance d’occultisme du XIXe siècle. Tandis qu’au parc des expositions de Villepinte, près de Paris, Magnifica, d’Allan Dickens, un conte à grand spectacle avec des numéros d’illusion, rassemble 30 000 spectateurs. La star des hypnotiseurs, le Québécois Messmer, s’installe, lui, pour neuf soirs à l’Olympia, à Paris, et poursuit une tournée française des Zénith. On est prié de le regarder les yeux dans les yeux.

Costumes, rythme, musique : ils ont tout renouvelé

C’est l’hiver des magiciens. « J’ai senti la vague monter cette année quand j’étais juré de l’émission The Best, le meilleur artiste (TF 1), note Arturo Brachetti. Les jeunes de 14-20 ans ont tout de suite accroché, alors que, généralement, à l’adolescence, on ne recherche pas le rêve, mais des émotions fortes, concrètes. »

L’explication vient peut-être des retombées de la folie Harry Potter mêlée au succès de la série Mentalist. Voire. « Après une période d’oubli, le cabaret reprend la place qu’il occupait dans les années 1970″, analyse Monique Nakachian, directrice de Tavel International Agency depuis 1985. L’agence spécialisée dans les numéros visuels a programmé 2000 numéros au Plus Grand Cabaret du monde (France 2).
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/scene/le-cabaret-refait-son-numero_1307169.html

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