La France est au Fax quand le monde est à Internet

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Le CSA vient de proposer dans un rapport paru lundi de raccourcir les délais de mise à disposition des films sur les services de vidéo à la demande de 36 mois on passerait à… 24 mois. On devrait peut-être s’en féliciter. Mais le peut-on réellement ? Je ne vais pas revenir sur ce qui se passe “ailleurs”, car peu importe finalement. S’il faut remettre en question d’une manière profonde notre chronologie des médias, c’est tout simplement parce que la France n’est pas en phase avec les habitudes des Français. En disant ça, on a l’impression d’un déjà-vu. Un bis (eternae) repetita. Certes, il faut protéger notre industrie cinématographique, une des plus riches au monde, et tous ces producteurs / distributeurs et exploitants qui pour certains mouillent leur(s) chemise(s) -pas tous non plus, soyons clairs, enfin bon. Mais ce n’est pas en s’accrochant à notre chronologie des médias qu’on les protègera. Non, c’est d’une part par l’assouplissement des règles, et d’autre part, par l’innovation en allant pour une fois dans le sens des plateformes telles que Youtube, Dailymotion, Vimeo ou le diabolique Netflix. A l’instar de ce qu’on fait nos amis de chez la Warner  (mais si, ce sont nos amis ! ils ne veulent pas de mal au cinéma français) en signant un partenariat avec Dailymotion en octobre dernier, et en proposant ainsi 300 programmes dès le lancement. Ils ont peur de rien, eux. Surtout pas de satisfaire le client, quitte à gagner de l’argent.

Notre système de financement du cinéma est unique, et il nous a permis de traverser toutes les crises. Il n’empêche qu’on a besoin d’un nouveau souffle, d’un nouvel élan. Trouver des financements autrement. Ne pas rester sclérosé, effrayé, face à l’évolution de nos sociétés. Car en plein coeur de la révolution numérique, passer de 36 à 24 mois, c’est comme si on passait du télex au fax alors que le monde entier est sur Internet.

 

– Christophe Averlan

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