Alain Seban, homme de fer président du Centre Pompidou

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Depuis son arrivée en 2007, le président du Centre Pompidou, Alain Seban, a connu de beaux succès : fréquentation en hausse, augmentation des ressources propres. Il a aussi imprimé une marque forte à l’institution : « Les gens ne savaient pas où aller, témoigne un proche. Seban a donné une vraie impulsion. » Si l’efficacité de ce grand commis de l’Etat ne fait pas de doute, sa personnalité et ses méthodes sont contestées au sein de son établissement.

Alors que le choix des expositions est d’ordinaire le domaine des conservateurs, Alain Seban se démarque par sa volonté de se mêler de la chose artistique. Polytechnicien et énarque, il a travaillé pour le ministère de la culture du temps de Philippe Douste-Blazy (1995-1997), pour celui des affaires étrangères sousDominique de Villepin en 2002, avant d’être conseiller pour l’éducation et la culture du président Chirac de 2005 à 2007.

Son absence de formation en histoire de l’art serait inconcevable pour un président du Musée d’Orsay ou du Louvre. Mais le Centre Pompidou est pluridisciplinaire. Et puis, ainsi qu’il le confiait aux Echos« on ne demande pas au chef d’orchestre de jouer de la flûte »… Sauf que l’harmonie est loin de régner.

« LA POLITIQUE D’EXPOSITIONS EST CONSTERNANTE  »

L’ancien président de la Fondation Centre-Pompidou, l’Américain Robert Rubin, a violemment contesté, en 2012, l’interventionnisme d’Alain Seban dans la programmation, avant de démissionner. Les relations du président avec certains conservateurs sont tendues – ces derniers se sentant dépossédés de leurs prérogatives, soumis à des choix arbitraires. Ils se sont fait taper sur les doigts le 27 septembre 2013, lors d’une réunion intitulée « Exposition et stratégie de programmation ». « On s’est fait traiter comme des gamins, nous entendant direqu’on ne serait plus associés aux décisions de la présidence. Il y a une politique d’humiliation inadmissible », confie un participant. « La politique d’expositions est consternante, dit un autre, on est devenu le faire-valoir du marché de l’art. Pour lui, les conservateurs sont là pour retaper les œuvres. »

Le dernier rififi en date a opposé Alain Seban à la directrice adjointe du musée, la conservatrice Catherine Grenier. Celle-ci avait échoué à conquérir la direction de l’institution, après une période de cafouillage invraisemblable : le processus de recrutement du directeur du Centre a donné lieu à sept mois d’intrigues durant lesquels, selon un conservateur, «le musée était paralysé». Un candidat d’abord écarté, Bernard Blistène, a été repêché pour contrer le tandem constitué à la dernière minute par Laurent Lebon et Catherine Grenier.

Alors que le contrat de celle-ci venait d’être renouvelé, le président a voulu mettrefin à sa collaboration. Avant d’être contredit par la ministre de la culture (Le Mondedu 19 décembre 2013). Interrogé sur ce point, Alain Seban, qui a répondu aux questions du Monde par l’intermédiaire de son directeur de la communication, Benoît Parayre, précise que « cette décision se fonde uniquement sur le comportement de Catherine Grenier depuis cette nomination, qu’elle n’a cessé decontester, manifestant, y compris publiquement, sa volonté d’entretenir un climatd’agitation contraire à l’intérêt du service ».

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