Mathieu Gallet à Radio France, les coulisses d’une nomination surprise

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A trente-sept ans, l’actuel président de l’INA a été élu à l’unanimité par le CSA pour présider aux destinées de Radio France pendant cinq ans. Un pari pour le régulateur, qui récupérait ses pouvoirs de nomination. Une consécration pour un jeune homme brillant et pressé, qui ne manque ni d’amis ni d’ennemis.

«  Tancrède séduit tout le monde et je n’échappe pas à la règle. On s’épui­serait à dresser la liste des raisons qui expliquent ce succès ; mettons que ses qualités intellectuelles sont à la mesure de l’attirance qu’exerce son physique. Tancrède n’est pas seulement beau et remarquablement intelligent, il est aussi jeune, cultivé, bien élevé, travailleur plein de vaillance et encore très ambitieux […]. » Dans « La Récréation », livre retraçant ses trois années passées rue de Valois, l’ancien ministre de la Culture et de la Communication Frédéric Mitterrand ne cache pas le coup de foudre qu’il a éprouvé pour Mathieu Gallet, le tout nouveau président de Radio France. Quand il évoque celui qu’il a également qualifié à plusieurs reprises de «  perle rare  », il s’attarde longuement sur ses qualités professionnelles, mais se plaît aussi à étaler sur deux pages la fascination qu’exerce sur lui « Tancrède », l’ambitieux jeune homme incarné par Alain Delon dans « Le Guépard » de Luchino Visconti…

Imposé par le même Frédéric Mitterrand à la tête de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) en 2010, Mathieu Gallet vient de confirmer un destin quasi romanesque en s’emparant, à la surprise générale, de la présidence de Radio France. Véritable réussite tactique, sa nomination constitue aussi, à plus d’un titre, une rupture. Diplômé de Science po Bordeaux et d’un DEA d’analyse économique des décisions publiques obtenu à la Sorbonne, il n’appartient pas à l’une des deux castes qui se sont partagé la présidence de Radio France depuis sa création en 1975, après l’éclatement de l’ORTF. Nommé pour cinq ans, le nouveau président de Radio France, qui prendra ses fonctions en mai, n’est ni journaliste, comme la plupart de ses prédécesseurs – Jean-Luc Hees, Jean-Marie Cavada, Roland Faure ou Michèle Cotta –, ni énarque comme la plupart des autres – Michel Boyon ou Jean-Paul Cluzel.

A lire sur : http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/medias/actu/0203357054717-mathieu-gallet-a-radio-france-les-coulisses-d-une-nomination-surprise-655049.php

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