Absent de la scène musicale depuis plusieurs années, Renaud n’est pas oublié pour autant

Une bataille furieuse a longtemps opposé Renaud le teigneux, le contestataire, le tendre poulbot, et son double Renard le destructeur, noyé dans l’alcool et la dépression. Après des errances et des absences, le chanteur avait effectué un retour gagnant avec Boucan d’enfer (2002) – 2,2 millions d’exemplaires vendus. Mais depuis quelques années, Renaud s’est replié à L’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse), retraité de la chanson comme son collègue Jean-Jacques Goldman.
« Mon pote Renaud, tu nous manques tant, putain », chantait Raphael dans Le Patriote en 2010. La parole de Renaud qui crachait encore « Elle est facho » en 2006, s’est tarie. Pénurie de chanteurs engagés, nostalgie d’une époque où il tapait sur Tonton et Tapie tout en distribuant des « Mistral gagnant »… les hommages se multiplient, dans l’esprit de celui élaboré par la scène rap : « Hexagone 2001 », « Rien n’a changé », porté par Disiz, Oxmo Puccino, Rohff… Ou du projet lancé autour des figures du rock réaliste, les Têtes raides, la Tordue…, avec Les Renardeaux chantent Renaud en 2006. Mais qui finalement n’a pas abouti.
Aujourd’hui, une bande à Renaud, formée par Renan Luce, Bénabar, Elodie Frégé, Benjamin Biolay, Jean-Louis Aubert, Nicola Sirkis, Coeur de pirate, etc. reprend ses classiques. Alain Lanty, complice de toujours, a eu l’initiative de ce coup de chapeau supervisé par Renaud lui-même. « J’avais envie de faire connaître son répertoire aux nouvelles générations, commente Lanty. Rappeler combien il a été le passeur de colères politiques. Et d’émotions. Cet homme terriblement touchant porte aussi en lui, et dans ses textes, un désespoir lié à l’enfance perdue : la sienne, celle de sa fille. »

Pour en savoir plus : http://www.lexpress.fr/culture/musique/jean-louis-aubert-renan-luce-benjamin-biolay-renaud-leur-poteau_1552303.html

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