« Le Mur », une exposition déterminée par une formule mathématique

exposition-mur-algorithme

Il vous reste quelques jours (jusqu’au 21 septembre) pour aller voir à quoi ressemble une expo dont l’accrochage a été conçu par… une formule mathématique.

L’exposition « Le Mur » célèbre les dix ans de la Maison Rouge, lieu parisien dédié à l’art contemporain, en exposant 1 200 œuvres de son fondateur, Antoine de Galbert.

Collectionner, une « addiction inavouable »

Antoine de Galbert se décrit comme un collectionneur forcené, obsessionnel :

« Je vis parfois la collection comme une addiction inavouable. […] Je collectionne comme je fume, sans cesse, et j’envie ceux qui se contentent de deux cigarettes par jour. »

Il voulait, pour cette exposition anniversaire, rendre compte de sa collection dans son caractère débordant, envahissant, non hiérarchique (ou obéissant à des hiérarchies secrètes seulement connues du collectionneur). En regardant sa bibliothèque, où l’ordre alphabétique crée des voisinages imprévus, il a l’idée d’un accrochage parfaitement aléatoire.

Historiquement, la collection a pendant longtemps été une pratique d’accumulation : les cabinets de curiosité de la Renaissance, comme les salons du XIXe siècle, étaient souvent pleins à craquer. Aujourd’hui, c’est l’idéologie du mur blanc qui domine : on accroche les œuvres pour leur laisser de l’espace, pour qu’elles ne se contaminent pas les unes les autres.

Mais de Galbert veut un accrochage qui rende compte de la densité d’une collection, de son effet écrasant presque. Les murs seront donc remplis d’œuvres. C’est ainsi qu’il vit avec elles : les murs de sa chambre sont couverts d’objets qu’il aime et qu’il a accrochés lui-même, comme il l’explique à Libération.

Le commissaire : G=E(g(X)) = fg(x) fx(x) dx

Pour ce faire, de Galbert fait un choix provocateur et confie l’arrangement de sa collection sur les 278 mètres de mur à une formule mathématique, la méthode de Monte-Carlo, qui sert « à calculer une valeur numérique en utilisant des procédés aléatoires » (choix adapté pour un addict avoué : la méthode est ainsi nommée d’après les jeux de hasard pratiqués à Monte-Carlo).

Celle-ci ne prendra en compte que les dimensions des œuvres : ni leur thème, ni leur auteur, ni leur genre, ni leur valeur, réelle ou supposée. Au mépris des grands principes, l’accrochage tient donc juste à des questions pratiques : faire rentrer le plus d’œuvres possibles sur le mur.

Conséquence secondaire : il n’y a pas assez de place pour afficher des cartels, qui indiquent d’habitude le titre de l’œuvre, l’artiste, et le matériau. A la place, la Maison Rouge propose de télécharger une application (en scannant un code QR) pour accéder à une version numérique du mur. De là, on peut cliquer sur l’œuvre qui nous intéresse, et obtenir les informations la concernant.

Lire l’article dans on intégralité sur http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2014/09/17/mur-lexpo-dont-commissaire-etait-algorithme-254870

Leave a Reply