Episode 1 : Une bande démo, concrètement, ça sert à quoi ?

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A quoi sert la bande démo ?

Aujourd’hui, dans son parcours du combattant, un acteur a besoin de plus en plus d’outils. La bande démo est désormais au rang des incontournables depuis quelques années et son format évolue au fil des ans, des modes et des codes de jeu. D’une durée qui pouvait allègrement aller jusqu’à 10 minutes en 2000, aujourd’hui, elle ne peut pas dépasser les 5 minutes, sachant que 3 sont suffisantes, ou en tous les cas doivent l’être, pour rassurer. Oui. Rassurer.

Parce que ne nous voilons pas la face, c’est une des premières fonctions de la bande démo : rassurer celles et ceux qui la regardent. Directeurs de casting d’une part, réalisateurs d’autre part. Et ce, dès la première minute. On aurait même tendance à vouloir dire dès les premières images et surtout les premiers sons.

Le directeur de casting veut être rassuré par l’acteur/l’actrice sur sa cinégénie, sur son jeu, sur sa capacité à émouvoir – dans la comédie, la comédie-dramatique, le drame, qu’importe ! –  et ainsi avoir envie d’en (sa)voir plus.

Si les bandes démo US commencent la plupart du temps par un mini clip de plusieurs plans de l’acteur, extraits de plusieurs films, les bandes démos européennes doivent montrer au plus vite une scène dialoguée où l’acteur a un rôle à défendre. Nous sommes dans la culture de l’instantané, personne n’y échappe. La bande démo est un outil de travail et de promotion.

Si le CV démontre le parcours de l’acteur, liste ses compétences ; si les photos proposent un instantané, une attitude, un regard ; la bande démo, elle, doit révéler un personnage évoluant d’un rôle à l’autre, d’un film à l’autre, elle n’est pas là pour démontrer ce que l’on a fait, mais pour inspirer ce qu’il reste à faire. Elle ouvre vers l’avenir, vers le possible, elle propose un univers, une démarche d’artiste.

Alors comment accrocher ? Comment mettre en valeur un univers personnel tout en montrant une palette de jeu assez large ?

 

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Une bande démo, plus qu’un bout à bout de scènes…

Faire sa bande démo est une étape importante et délicate pour un acteur, outre les savoirs techniques évidemment essentiels pour monter des extraits de différents supports – avec ce que cela suppose de galères compte-tenu des incompatibilités de formats, de cadences, de ratios et de qualités d’images : il faut une analyse objective pour que cet outil de communication soit à la fois personnel et surtout efficace.

(Re)visionner les films dans lesquels il a joué est un réel moment d’introspection, une analyse de son travail et par extension, de son personnage. Un regard extérieur est donc plus que recommandé pour affiner ce travail de mise au point et de bilan.

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Une bande démo, pour qui ?

La première question à se poser, avant même de savoir « Comment parler de soi », c’est « À qui ? ». Avec quels réalisateurs/trices l’acteur a-t-il envie de travailler ? Quel(s) genre(s) de cinéma et quel personnage a-t-il envie de défendre ? Dans quelle famille s’inscrit-il ? Et du coup, à quels RDA va-t-il proposer son travail ?

La question paraît souvent effrayante à l’acteur au moment où il conçoit sa bande démo. Et pourtant, tout le monde le sait : à vouloir plaire à tout le monde, on finit par ne plaire à personne. Même si, au final, la bande démo sera envoyée à tous, elle doit être conçue pour parler en priorité à certains en particulier.

Une fois la destination choisie, il n’y a plus qu’à faire le chemin. Il s’agira donc de déduire de cette première réflexion un ordre judicieux des scènes, un remontage de certains extraits pour accentuer leur aspect comique ou au contraire une tonalité dramatique. Se débarrasser du superflu, éviter les scènes doublons, celles qui n’apportent rien de plus à la compréhension d’un personnage, etc. La plupart du temps, l’acteur seul face aux choix qu’il doit faire, est prisonnier de son affect quant à une scène, il a du mal à se défaire d’une ambiance de tournage, du moment de vie que cette scène lui rappelle. Il a aussi parfois du mal à se rendre compte de la particularité de ce qu’il dégage et qui pourrait être un atout pour tel type de rôle.

Un oeil extérieur, professionnel – mais surtout aguerri à ce qu’attendent les directeurs de casting et les réalisateurs – est donc vraiment nécessaire pour trancher, transcender ce qui a été ou créer de nouveau, réinventer. Il saura dépasser le simple outil de com, pour réaliser un objet en soi, qui raconte une histoire, celle d’un acteur qui propose, qui sait se positionner, celle d’un personnage qui rit, qui pleure, qui rêve et à qui on a envie de faire vivre d’autres aventures. – Perrine.

Dans l’épisode 2, je vous donnerai les 6 règles d’or pour réaliser une bande démo personnelle et efficace.

 

 

 

 

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